tamit, l'enfant du nil
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Tamit, l'enfant du Nil (Milan-poche Cadet) par Herve Flores - couverture
milan - poche cadet, ©2004
Rubriques : aventure, fiction, poésie/tendre, voyage
Auteur :
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Tamit, l'enfant du Nil

 

À propos :

L'Égypte nubienne, de l'or et des batailles, des conquérants et des esclaves comme la mère de Tamit, emportée par les soldats de Pharaon…

Aventure, rêve et exotisme, un livre à multiple genres.


Illustrations (cliquez sur les images pour les agrandir) :

 

Les plus :

Extrait :

Chapitre 1 : La vie au bord du fleuve

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Dehors, dragon, je n’ai pas peur de toi. Sors de là que je te noie ! hurle Tamit, au bord du fleuve.

Pieds nus dans la boue, l’enfant appelle ses animaux imaginaires : le dragon cracheur, la libellule empoisonneuse, le crocodile dévoreur. Ses cris joyeux traversent tout le village. Soudain, Tamit décide que les animaux sont là. Hop, il les attrape et d’un geste, il les emprisonne au fond de l’eau. Ah, comme il aime cette chasse aux animaux cruels…

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Tamit a sept ans. Il vit au sud de l’Egypte, dans un pays appelé la Nubie. Un pays où il ne pleut jamais.

Tamit a la peau brune des Nubiens, des cheveux sombres et rien n’échappe à ses yeux noirs pleins de malice. Son unique habit, un pagne toujours froissé, couvre à peine ses jambes déjà grandes et souvent crottées jusqu’aux genoux !

Tamit est un enfant du Nil, l’immense fleuve bleu, celui qui donne la vie. Mais les eaux du Nil sont mouvantes. Elles gonflent et se dégonflent comme une mer, au rythme des saisons.

En juillet, le fleuve bouillonne. Telle une bête géante, il sort de son lit, rampe et déborde sur des kilomètres. Tout le village est alors en vacances car il n’y a plus de terre à travailler. Elle aussi se repose, nourrie par les eaux.

– C’est ma saison préférée, aime répéter Tamit. Le soleil brûle si fort qu’il devient blanc, tout blanc !

Tamit en profite pour entraîner dans le fleuve, To, son petit frère aux cheveux bouclés. Les deux enfants se baignent peu car ils préfèrent pêcher à l’ombre des roseaux, avec un fil et un grain de riz. Mais gare à To s’il se montre impatient. Tamit appelle aussitôt ses animaux cruels :
– Venez, venez, j’ai ici un bon petit garçon à manger !

Et To, qui croit tout ce que dit son aîné, rejoint le rivage en hurlant et en éclaboussant au passage, les oies et les canards qui, à leur tour, se mettent à piailler.

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En novembre, le Nil se retire de la terre. Le courant ralentit. L’eau redevient bleue comme le ciel. La terre, elle, est noire et encore molle, les paysans en profitent pour reprendre leur travail. Tamit aide alors Chédou, son père, à semer l’orge et le blé. De temps en temps, on l’entend soupirer :
– Je suis fatigué, c’est trop lourd pour mes pieds !

Mais devant l’oeil sévère de son père, l’enfant continue d’enfoncer les graines dans la terre collante, en poussant fort avec ses talons. Heureusement, comme chaque année, Chédou lâche un troupeau de cochons pour parfaire le travail. Trop contents de ce bain de boue, les porcs piétinent la terre en tous sens et Tamit et To se mettent à danser :
– Allez les cochons, faites comme nous, enfoncez loin les graines dans la terre !

Un soir, Tamit et Osis, sa mère, ramassent tranquillement les dernières tiges de blé. Alors qu’Osis chante à mi-voix les légendes du Nil, un homme du village bondit du fossé et traverse leur champ : – Prévenez les vôtres, hurle-t-il, dépêchez-vous, les armées de Ramsès II, le pharaon d’Egypte, reviennent nous attaquer. Ils veulent, à nouveau, voler l’or de notre terre.

A ces mots, Osis lâche son panier et ordonne d’un ton ferme :
– Cours à la maison avertir ton père, Tamit ! Je te rejoins avec To.

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Tamit s’élance, vif et apeuré. Ses pieds frappent le sol de toutes ses forces. Il ne comprend pas bien ce qui se passe. Il sent juste que c’est grave, suffisamment grave pour avoir vu les lèvres de sa mère trembler. En arrivant chez lui, il se jette au cou de Chédou, en criant :
– Tu es fort, mon papa, tu es fort !

Chédou serre son fils, en silence : il connaît déjà la terrible nouvelle.

Les hommes du village se rassemblent. Sans hésiter et parce qu’ils n’ont pas d’autre solution, ils décident que chacun défendra sa terre. Mais pour armes, ils n’ont que leurs outils. Et les troupes de Pharaon sont nombreuses, aguerries et féroces.

Dès le lendemain, à l’aube, un bruit sourd monte du désert. Un bruit inconnu, infernal, qui ne s’arrête jamais. Et dans un gigantesque tourbillon de poussière et de cris, des centaines d’hommes armés d’épées, d’arcs et de haches, envahissent le village. Des chars tirés par des chevaux en colère foncent à travers les champs moissonnés.

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Comme les autres, durant tout le jour, Chédou défend son champ en faisant tournoyer sa faucille dans les airs.

Au coucher du soleil, un chef égyptien qu’il n’a pas vu venir, galope vers lui debout sur son char. Avant même que Chédou ait eu le temps de se retourner, l’Egyptien lui assène un terrible coup de hache dans le dos. Chédou s’écroule, blessé à mort.

Caché dans un fourré, Tamit a vu la scène. Il a crié si fort que sa gorge est brûlante. Il reste là, dans la nuit, terrifié, les yeux fixés sur le corps de son père. Il ne peut plus ni parler, ni même pleurer. Sa respiration est haletante comme s’il portait cette maudite hache, là, en plein dans le coeur.

Au petit jour, ayant repris un peu de force, Tamit rampe prudemment vers la maison de ses parents. Mais Osis et To n’y sont plus. Les quelques objets que sa famille possédaient ont été pillés. Et même le petit singe de To a été tué. Le village a l’air abandonné. Il a suffi d’une journée pour qu’il soit dévasté et que tous les paysans soient massacrés. Une odeur de sang, très amère, flotte dans l’air. Tamit regarde le fleuve : il est gris, ses eaux sont silencieuses. On entend seulement les plaintes des blessés.

La vie au bord du fleuve ne sera plus jamais comme avant.

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À suivre… (dans toutes les bonnes libraires)

 

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